Guide TAL · Septembre 2026

Loyer impayé au TAL : jugement, deuxième chance et nouvelle demande

Ce qui arrive réellement après un non-paiement : recouvrement, résiliation, paiement avant jugement et récidive.

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Quand le propriétaire peut-il ouvrir un dossier pour non-paiement ?

Selon le Tribunal administratif du logement, le locataire est en défaut dès le lendemain de la date convenue si le loyer complet n'est pas reçu. Le locateur peut alors réclamer le loyer, les intérêts et les frais. Lorsque le retard dépasse trois semaines, il peut également demander la résiliation du bail et l'expulsion des occupants.

Le choix des conclusions est important. Une demande limitée au paiement vise le recouvrement; elle ne produit pas automatiquement une expulsion. Si la résiliation est recherchée, elle doit être demandée et appuyée par les faits applicables. Pour des retards fréquents plutôt qu'un seul arriéré de plus de trois semaines, le locateur doit aussi démontrer un préjudice sérieux.

Déposez rapidement une demande complète, mais n'annoncez jamais une date d'expulsion ou un délai d'audience garanti. La mise au rôle varie selon la catégorie, la région, les urgences et le dossier. Continuez à tenir le registre des sommes exigibles et reçues pendant l'attente.

Quelle est la « deuxième chance » du locataire ?

La règle la plus courante est le paiement avant jugement : le locataire peut éviter la résiliation en payant le loyer dû, les frais et les intérêts avant que la décision soit rendue. Le dossier ne doit donc pas être présenté comme une expulsion automatique dès son ouverture.

Le Code civil du Québec prévoit aussi des mécanismes dont l'application dépend du jugement, notamment une exécution suspendue sous conditions dans certaines situations. Le locateur doit lire les conclusions mot pour mot : une condamnation à payer, une résiliation immédiate et une résiliation dont l'exécution est suspendue n'ont pas les mêmes suites.

Si une décision conditionnelle impose le paiement ponctuel et que le locataire manque ensuite à cette condition, le propriétaire doit généralement retourner devant le TAL selon le recours prévu par la décision et la loi. Il peut donc y avoir une seconde démarche et un nouveau délai, mais ce n'est ni automatique ni identique dans tous les dossiers.

Comment limiter les mois de pertes pendant la procédure ?

Conservez un grand livre à jour, les preuves de chaque tentative de paiement, les communications et tout préjudice causé par les retards répétés. Mettez à jour la réclamation lorsque la procédure le permet et apportez un calcul clair à l'audience. Une entente de paiement doit être écrite, datée et préciser sans ambiguïté son effet sur le dossier ouvert.

Après une résiliation et un départ, le locateur peut réclamer certaines pertes découlant du manquement, mais il doit limiter son préjudice en cherchant raisonnablement un nouveau locataire. Ne changez pas les serrures et ne reprenez pas le logement simplement parce qu'un paiement manque : l'exécution d'une expulsion suit le jugement et les règles applicables.

Ce contenu expose les principales branches du processus et ne remplace pas l'analyse d'une décision. Pour savoir s'il faut une nouvelle demande, une exécution par huissier ou une autre procédure, faites vérifier le dispositif du jugement et l'état du dossier.

Écrit par

Arnaud BellemareFondateur, Gestion Velora

Arnaud Bellemare est le fondateur de Gestion Velora, une firme de gestion immobilière du Grand Montréal. Membre du RGCQ, il écrit sur la gouvernance des copropriétés, la gestion locative et la réglementation immobilière au Québec.

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